En 1989, j’étais jeune, je portais un t-shirt waikiki , je courais regarder le top 50, et je voyais l'année 89 comme 68 mais en inversée.
Pourtant, cette année là, le monde allait connaître un bouleversement majeur avec la chute du mur du Berlin. Marquant le passage d’un monde bipolaire à un monde multipolaire, et l’avènement de nouvelle peur pour le monde : l’intégrisme religieux qui se trouvera matérialisé par la Fatwa lancée sur Salma Rushdie.
Mais, le plus intéressant en 1989, c’est le déroulement des événements qui ont conduit à la chute de cette tache qui sépara des familles pendant presque 30 ans, et annonça à la fin du communisme, et de la guerre froide.
19 janvier : Manifestation commémorant la mémoire de Jan Palach en Tchécoslovaquie. Les principaux opposants, dont Václav Havel, sont à nouveau arrêtés.
6 février : En Pologne, le gouvernement communiste, pour mettre un terme aux grèves, accepte l’organisation d’une Table ronde avec les représentants du syndicat Solidarité (fin le 5 avril).
11 février : Le Parti communiste hongrois autorise le multipartisme.
26 mars : Premières élections libres en Union soviétique, première élection nationale depuis 1917 (90% de participations), choisissant le nouveau Congrès des députés du peuple : celui-ci se réunit en mai pour élire le Soviet suprême et pour élire Gorbatchev pour un mandat présidentiel de cinq ans. L’appareil du parti réussit à imposer ses candidats dans les campagnes et en Asie centrale, mais essuie des échecs cuisants à Moscou où triomphe Boris Eltsine, à Leningrad, à Kiev, etc. Au Congrès, si les communistes ont la majorité (88%), ils sont divisés en courants si opposés qu’aucune discipline de vote ne peut s’instituer.
5 avril : Réformes institutionnelles et syndicales en Pologne : signatures des accords dits de la « table ronde » entre le pouvoir communiste et Solidarność. Le Premier ministre Mieczysław Rakowski doit accepter l’établissement du pluralisme syndical et la démocratisation des institutions. Des libertés civiques et politiques sont accordées, Solidarité est légalisée et un Sénat librement élu institué.
2 mai : Le gouvernement hongrois de Miklós Németh décide de démanteler le rideau de fer entre la Hongrie et l’Autriche.
12 mai : Le président George Bush demande au gouvernement soviétique de « déchirer le rideau de fer ». Faisant écho, à un discours de son prédécesseur appelant à « Tear Down This Wall »
16 mai : La commémoration de la mort d'Imre Nagy en Hongrie marque la fin du régime communiste.
4 juin : révolutions anticommunistes pacifiques et couronnées de succès en Europe de l'Est et elections législatives libres en Pologne : victoire de Solidarność.
Juin : Résistance en RDA de groupes luthériens qui protestent contre les fraudes électorales, tiennent des meetings et manifestent contre les arrestations. Le secrétaire général du parti, Erich Honecker est contraint de faire des concessions : il octroie des laissez-passer multiples qui permettent aux Allemands de l’Ouest de rendre visite à leur famille, il donne l’ordre de cesser de tirer sur les fugitifs qui veulent franchir le « rideau de fer », mais entend tenir la frontière hermétiquement close. Les citoyens de RDA qui veulent quitter le pays se réfugient à la mission de la RFA à Berlin-Est ou dans les ambassades ouest-allemandes à Budapest, à Varsovie, à Prague, qui sont bientôt pleines.
12 juillet : Visite de 2 jours du président américain George Bush en Hongrie.
19 juin : Un Premier ministre non communiste, Tadeusz Mazowiecki, un des dirigeants de Solidarność forme un gouvernement de coalition en Pologne. Le rôle dirigeant du parti communiste est aboli. Dans un contexte de crise économique aggravée, les syndicats contrôlés par les communistes attisent l’agitation sociale. Le gouvernement Mazowiecki manque d’unité pour agir en profondeur. Néanmoins il purge la police, dépolitise l’armée, établit la liberté de la presse, élargit l’autonomie locale et règle la question frontalière avec l’Allemagne réunifiée. Sa principale faiblesse réside dans l’éclatement du camp anticommuniste, divisé entre l’Alliance du Centre (Lech Walesa et l’Église catholique), qui prône l’accélération des réformes et l’expulsion des ministres communistes, et le Mouvement des Citoyens pour l'Action Démocratique, qui soutient les options plus modérées de Mazowiecki.
28 octobre : Début de la « Révolution de velours ».
17 décembre : Déclenchement de la révolte de Timişoara, en réaction à l’arrestation du pasteur magyar László Tőkés, qui marque le début de la Révolution roumaine (fin le 22 décembre) qui renversera le régime communiste en Roumanie.
24 décembre : Totale liberté de circulation entre l'est et l'ouest de l'Allemagne.
28 décembre : Alexander Dubček est élu président du Parlement en Tchécoslovaquie.
29 décembre : Václav Havel est élu président de la république en Tchécoslovaquie.
Certes, ces dates ont marqué l’inconscience collective mais qui a honoré ces personnes qui se sont battu pour faire progresser la démocratie dans les pays de l’est : je ne vois pas de place, d’école, portant leur nom.
Par contre, nous restons enfermés dans l’idéologie de 68, en honorant les personnalités qui l’ont incarné.
La réponse semble simple, les hommes de 1989 se sont battus en menant des réunions dans des usines, des églises, des écoles loin des écrans de télévisions et du bruit et de la fureur des pavés de 68.
source: http://rimesetraisons.over-blog.net/
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